Le Scarabée
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Pigeon ? Vole ! Avion ? Vole pas !

par ARNO*
mise en ligne : 18 décembre 1996
 

Personne n’aimerait mourir dans un secret d’Etat…

Vous avez vu ? Le Boing, c’est un défaut de construction, et Hab­sheim, c’est le pilote le défaut ! Bon c’est vrai, les acci­dents d’avion, c’est dommage pour les vic­times, mais c’est tou­jours l’occasion d’observer l’admirable déploiement de moyens que jus­tifie la raison d’Etat. C’est la preuve que lorsque la vérité coûte plus cher que le men­songe, l’Etat est prêt à dépenser encore plus pour nous faire prendre nos vessies pour des pistes d’aterrissage.

La TWA d’abord : donc on sait main­tenant que l’avion avait des réservoir sujets à l’auto-allumage. Genre com­bustion spon­tanée, le zinc. D’ailleurs, tous les films de Rambo le prouvent : jetez une allu­mette dans une mare de kérozène, tout pète ! (Dans la vrai réalité, l’allumette s’éteint, car le kérozène ne brûle pas faci­lement.) Déjà que les avions perdent leurs moteurs en vol (à l’époque, on avait oublié de nous dire que ce n’est pas un défaut, c’est exprès pour éviter qu’un moteur défaillant arrache l’aile), voilà qu’ils explosent tous seuls. C’est Tintin et l’Or Noir (« Quand votre c˛ur fait boom ! Boom ! ») : les ter­ro­ristes arabes sabotent le pétrole !

Cela dit, c’est très pro­bable, et cer­tai­nement moins poli­ti­quement ravageur qu’un missile égaré (un truc de mili­taires, ça, perdre des mis­siles dans des avions civiles ou sur les plages bre­tonnes ; m’enfin, du moment qu’ils ne perdent pas les fichiers d’identification des sous-​​marins nucléaires de l’OTAN), ou qu’un attentat sur le sol amé­ricain (parce que la guerre propre, c’est surtout pas chez soi).

C’est plutôt bon pour nous, ça : les Airbus, eux, n’explosent pas en vol. Seulement (c’est la justice qui le dit) ce sont nos pilotes qui pètent les plombs : radada avec des pas­sagers à bord et atter­risage en forêt… à Hab­sheim… oui, sale histoire…

Donc les boîtes noires n’ont pas été tra­fi­quées… alors pourquoi ont-​​elles disparu pendant 15 jours sur une base mili­taire après le crash ? Donc les deux moteurs sont bien repartis… alors pourquoi le bosquet de l’accident a-​​t-​​il été rasé immé­dia­tement ? (Le pilote affirme qu’un moteur n’a pas donné sa puis­sance, ce qu’on aurait pu confirmer en com­parant la hauteur des arbres brisés.) Donc l’avion était par­fai­tement fiable… alors pourquoi le pilote, exté­rieur au crash, qui a voulu défendre le com­mandant de bord et signaler les défauts de l’appareil a-​​t-​​il été déclaré psy­cho­lo­gi­quement inapte au vol - aux der­nières nou­velles, il ne vole tou­jours pas ? (C’est marrant, le genre de méthodes sta­li­niennes dont on n’entend jamais parler…)

Toutes ques­tions très simples que la presse évite de poser, puisque de toutes façon les experts sont formels (je vous ai déjà dit mon estime pour les experts ?).

Tiens, puisqu’on est dans la question à la noix : comment fait-​​on pour perdre, pendant 5 heures, un avion qui se crash sur une colline dans une zone pas déserte du tout (Mont Saint-​​Odile) ? Comme on dit : il ne faut pas poser les ques­tions dont on n’a pas envie de connaître les réponses…

Alors c’est vrai, les acci­dents d’avions, c’est dommage pour les morts : ils ne sauront jamais pourquoi ils sont morts. Je sais pas vous, mais moi j’aimerais pas mourir dans un secret d’Etat.

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