Le Scarabée
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Une histoire de confiance

par ARNO*
mise en ligne : 10 juillet 1996
 

Quand la Justice nous redonne quelques raisons d’être optimistes.

L’abondant courrier que me valent mes éditos (de moins en moins quo­ti­diens, je dois le recon­naître) montre que nombre d’entre vous sont très pes­si­mistes sur l’état de la démo­cratie fran­çaise, et de l’égalité des citoyens. Per­son­nel­lement, je préfère rester encore opti­miste (d’où la pré­sence de ces éditos), mon prin­cipal argument étant que nos poli­tiques sont nos élus, et que nous pouvons en changer si nécessaire.

Aussi, je vous livre ici les attendus du jugement rendu hier par la cour d’appel de Lyon à l’encontre d’Alain Carignon, qui résument par­fai­tement ce que doit être (et peut encore être) le com­por­tement d’un élu (source Le Figaro) :

« Attendu qu’Alain Carignon, élu du peuple depuis vingt ans, a béné­ficié de la confiance d’une part de ses conci­toyens, d’autre part des plus hautes auto­rités de l’Etat qui l’ont appelé à deux reprises à occuper des fonc­tions minis­té­rielles, que les éminentes tâches qui lui ont été dévolues auraient dû le conduire à avoir un com­por­tement au-​​delà de tout soupçon, attendu qu’au lieu de cela Alain Carignon n’a pas hésité à trahir la confiance que ses élec­teurs lui mani­fes­taient en mon­nayant le pouvoir d’un maire afin de béné­ficier d’avantages maté­riels qui se sont élevés à 19 073 150 francs.

« Qu’il a ainsi commis l’acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu ; qu’un tel com­por­tement est de nature à fra­gi­liser les ins­ti­tu­tions et à faire perdre aux citoyens la confiance qu’ils doivent avoir en des hommes qu’ils ont choisis pour exercer le pouvoir poli­tique ; qu’en outre, au cours des débats, son attitude devant le tri­bunal a constitué à mettre en cause d’autres hommes poli­tiques, élus ou anciens ministres et à leur imputer des faits simi­laires à ceux dont il s’est rendu cou­pable, ce qui ne peut contribuer qu’à des­ta­bi­liser les ins­ti­tu­tions de l’Etat ; il est donc jus­tifié qu’en répression soit pro­noncée une peine d’emprisonnement dont la partie ferme sera aug­mentée dans la durée et qu’Alain Carignon étant absent à la lecture de la décision un mandat d’arrêt soit pris à son encontre. »

C’est pas beau, ça ? Et ce n’est pas la copie de phi­lo­sophie d’un can­didat du Bac un peu idéa­liste, c’est un arrêté de justice ! Je vous le dis : tout n’est pas pourri au royaume du Danemark ! (ce n’est pas une attaque contre le Danemark, c’est une citation).

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